31/05/2005Dernier article avant retrait"Y’a t-il plus snob que d’attendre son tour devant le kiosque Navigo RATP des Halles, parfumé de riches odeurs et vêtu toutes griffes dehors ? Parmi cette foule bigarrée et polyglotte, deux émigrés africains m’encadraient, une femme devant, un homme derrière, ils conversaient le verbe haut sans tenir compte de mon existence. J’étais en neuvième place. Vingt minutes leur voix dans les oreilles à observer alentour qui fréquente l’endroit. Le rideau de fer a eu le bon d’avoir longtemps protégé les pays de l’Est de l’immigration contre laquelle je n’ai rien à condition qu’elle soit assimilée. Il serait utile au nouveau Premier ministre d'attendre son tour au même endroit à la même heure pour comprendre. Si rien n’est fait, il ne faudra pas se plaindre de l’épanouissement des extrémistes de droite."
(Pour la VO, avec commentaire qui tue: http://...
et merci à mon Observatoire international de la connerie)
Vous parlez de se battre.
Se battre contre ça?
Se battre pour ça?
Rien à faire. Je préfère jouer la carte égoïste. Me préparer à faire partie de cette élite qui arrivera toujours à s'en sortir en cas de pépin, en collaborant avec le régime, ou en se cassant (je choisis cette solution). Merci à mes derniers commentateursVous avez eu des mots gentils, et aussi dignes, et pleins d'espoir.
Mais c'est là que je me sépare de vous. Parce que je n'ai plus d'espoir: la partie est perdue.
Je ne crois pas qu'une alternance politique puisse refonder l'espoir - et surtout pas en 2007, avec les vainqueurs probables (DSK, Sarko, Fabius). Parce que je ne crois pas que le politique ait une capacité à résister à un tel flot.
Tu me parles du bilan Jospin, Chapi. Il n'a pas empêché le naufrage, il n'a pas empêché le cortège de la LCR de huer le cortège PS dans les manifs de nuit du 21 avril. Il n'empêche pas le peuple de vouer une haine féroce aux socialos. Quitte à les huer lors des manifs pour les 35 heures.
Je ne vois pas quel bilan pourrait endiguer cela.
Je croyais aussi dans le saut en avant, dans la dilution du mal français dans l'Europe. Ca n'aura pas lieu.
Vous me parlez de lutter, de se battre. Le problème, c'est que j'ai du mal à trouver une raison à une lutte dont on sait qu'elle est PERDUE d'avance.
"J'arrête tout"Pour ne plus avoir à expliquer pourquoi j'"arrête tout", je reproduis ici le courrier que j'ai envoyé hier à mon meilleur ami, et par ailleurs à celui avec qui j'ai le plus partagé, ces dernières années, ma passion politique.
"Cher A***,
« En » avoir parlé hier soir avec toi m’a un peu obligé de sortir de la bulle dans laquelle je me murais. C’est très pratique, en fait, dans ce genre de circonstances, d’avoir quelque chose de matériel à faire, comme compter des signatures. J’en avais déjà fait l’expérience en 2002. C’est un peu comme les gens qui font la vaisselle lors des deuils. Ca protège.
Donc, je mets le nez hors de la bulle. Enfin, plutôt pour replonger dedans aussitôt. Mais, cette fois-ci, avec conviction.
La vague de fond populiste et xénophobe qui monte depuis des années dans ce pays a gagné une première bataille. Ceux qui croient que c’est un vote progressiste se trompent : c’est le même pays qui vote Le Pen un peu plus chaque année ; le même pays où l’antisémitisme explose d’année en année ; le même pays qui s’est enthousiasmé pour Sarko, celui qui chasse les jeunes des cages d’escaliers, les prostituées des boulevards, et les mendiants des trottoirs ; le même pays qui bat ses femmes, qui brûle ses pédés, et qui arrache leur voile aux Bougnoules. Sans parler des électeurs de Le Pen, combien, parmi ceux qui ont voté Non hier, ont applaudi aux dérapages antisémites d’Attac et d’autres ? Combien ont donné libre cours, sous couvert de laïcité, à des torrents de haine anti-musulmane ? Combien ont crié leur peur de voir le plombier polonais et la pute slovaque ? Combien ont cru que des bandes ethniques allaient brûler leur voiture ?
A***, J***, d’autres m’ont dit : « Il faut qu’on se bouge. Il faut réagir, prendre les choses en main ». Je ne sais pas ce que tu feras, mais, pour moi, c’est fini. J’arrête tout : m’intéresser à tout ça, militer, même voter, je laisse tomber. Tu sais combien j’ai détesté l’apolitisme. Mais là, je ne vois pas pourquoi je continuerais.
En général, on se console des défaites comme ça, en disant que la lutte continue.
Là, j’arrête, parce que la partie est perdue. Les secousses sont de plus en plus rapprochées, de plus en plus fortes. Le « big one » est pour bientôt. On court – et de plus en plus vite – vers la fin. Je ne sais pas encore combien de temps on mettra pour y arriver, ni au terme de quelles péripéties, ni à quoi elle ressemblera (je penche pour un truc péroniste). Mais elle approche.
Notre « système » est épuisé à force de replâtrages. Une majorité veut tout faire péter. Elle y arrivera.
Pour moi, la lutte politique est devenue inutile. Rien ne pourra empêcher le flot de tout submerger. J’arrête tout, donc, parce ça ne servira à rien.
Et peut-être aussi parce que désormais, je m’en fous, parce que je ne me sens plus tenu par aucun devoir envers les autres. Ceux qui ont aboyé avec les loups ou ont moutonné veulent la merde. Ils l’auront. Qu’ils se démerdent. Je ne verserai pas une larme pour ceux qui ont menti, qui ont vociféré, qui ont jeté de la boue en guise d’argument. Ce pays se suicide, je ne peux pas l’empêcher, et je n’en ai pas vraiment envie.
Très concrètement, j’arrête donc de militer et de voter. Les infos, je ne suivrai que dans la mesure où, « professionnellement », j’y serai obligé.
Je continue à me préparer à la fonction publique, pour concrétiser mon boulot des dernières années. Et puis, dès que possible, hop, je me casse dans le privé, et à l’étranger. Dans le privé, pour ne pas me retrouver l’agent d’un appareil d’État qui sera demain aux mains de je ne sais qui. À l’étranger, des fois que la maladie n’ait pas atteint le monde entier.
J’espère que tu me comprendras.
Je t’embrasse
Yann
Musil du soir"Vous me permettrez de juger singulière une situation où l'on ne peut aller ni en avant ni en arrière, et où l'instant présent est lui-même ressenti comme intolérable". Le Musil du jour"Je vous le demande: qui ne serait embarassé, si tout à coup se produisait ce qu'il a revendiqué passionnément toute sa vie? Par exemple, si le royaume de Dieu, brusquement fondait sur les catholiques, et, sur les socialistes, l'Etat de l'avenir?" A Way to the Future: Souvenirs de 1913 (ou Come On, Holy Roman Empire)"Là, en Cacanie, dans cet Etat depuis lors disparu et resté incompris qui fut sur tant de points, sans qu’on lui en rende justice, exemplaire, il y avait du « dynamisme », mais point de trop. Chaque fois qu’on repensait à ce pays de l’étranger, venait flotter devant vos yeux le souvenir de ses routes larges, blanches, prospères, datant de l’époque de la marche à pied et des malles-postes, qui le sillonnaient en tous sens, fleuves d’ordre, clairs rubans de coutil militaire, bras administratifs, couleur de papier timibré, étreignant les provinces…
Et quelles provinces ! Il y avait les glaciers et la mer, le Karst et les champs de blé bohêmes, les nuits au bord de l’Adriatique, grésillantes de l’activité des grillons, et les villages slovaques où la fumée sortait des cheminées, comme d’un nez retroussé, où les ma"isons étaient tapies entre deux collines comme si la terre avait entrouvert ses lèvres afin d’y réchauffer son enfant.
Naturellement, il y avait aussi des automobiles sur ces routes; mais pas trop. Ici aussi, l’on préparait la conquête de l’air; mais point trop intensivement. De loin en loin – point trop souvent – on envoyait un bateau en Amérique du Sud ou dans l’Extrême-Orient. On n’avait nulle ambition économique, nul rêve d’hégémonie ; on était installé au centre de l’Europe, au croisement des vieux axes du monde ; les mots de colonie et d’outre-mer ne rendaient encore qu’un son lointain, et comme trop neuf. On dépensait pour l’armée des sommes considérables ; juste assez cependant pour être sûr de rester l’avant-dernière des Grandes puissances. La capitale elle-même était un rien plus petite que les plus grandes métropoles du monde, et pourtant considérablement plus grande que ne le sont de simples « grandes villes ».
Et ce pays était administré d’une manière éclairée, à peine sensible, tous les angles prudemment arrondis, par la meilleure bureaucratie d’Europe, à qui l’on ne pouvait reprocher qu’une seule faute : qu’elle vît dans le génie et les initiatives géniales des particuliers, s’ils n’en avaient pas reçu le privilège de par leur haute naissance ou quelque mission officielle, une attitude impertinente et une sorte d’usurpation. Mais y a-t-il personne qui aime voir des incompétents se mêler de ses affaires ? Et puis, au moins, en Cacanie, on se bornait à tenir les génies pour des paltoquets ; jamais on n’eût, comme ailleurs, tenu le paltoquet pour un génie.
Sur cette Cacanie maintenant engloutie, que de choses curieuses seraient à dire ! Elle était, par exemple, kaiserlich-königlich et aussi bien kaiserlich und königlich ; il n’était chose ni personne qui ne fût affectée là-bas de l’un de ces deux sigles, k. k. ou k. u. k. ; il n’en fallait pas moins disposer d’une science secrète pour pouvoir décider à coup sûr quelles institutions et quels hommes pouvaient être dits k. k. et quels autres k. u. k.
Elle s’appelait, par écrit, Monarchie austro-hongroise, et se faisait appeler, oralement, l’Autriche : nom qu’elle avait officiellement abjuré, mais conservait dans les affaires de cœur, comme pour prouver que le sentiments ont autant d’importance que le droit public, et que les prescriptions n’ont rien à voir avec le véritable sérieux de la vie.
La Constitution était libérale, mais le régime clérical. Le régime était clérical, mais les habitants libres penseurs. Tous les bourgeois étaient égaux devant la loi, mais justement, tous n’étaient pas bourgeois. Le Parlement faisait de sa liberté un usage si impétueux qu’on préférait d’ordinaire le tenir fermé ; mais l’on avait aussi une loi d’exception qui permettait de se passer du Parlement ; et chaque fois que l’État tout entier se préparait à jouir des bienfaits de l’absolutisme, la Couronne décrétait qu’on allait recommencer à vivre sous le régime parlementaire.
Parmi nombre de singularités du même ordre, il faut citer aussi les dissensions nationales qui attiraient sur elles, à juste titre l’attention de toute l’Europe, et que les historiens d’aujourd’hui défigurent. Ces dissensions étaient si violentes que la machine de l’État s’enrayait plusieurs fois par année à cause d’elles ; mais dans ces intervalles et ces repos de l’État, chacun s’en tirait à merveille, et l’on faisait comme si de rien n’était. D’ailleurs, il n’y avait rien eu de réel. Il y avait simplement que cette aversion de tout homme pour les efforts de son prochain dans laquelle nous communions tous aujourd’hui s’était fait jour très tôt dans cet État pour atteindre à une sorte de cérémonial sublimé qui eût pu avoir de grandes conséquences si son évolution n’avait pas été prématurément interrompue par une catastrophe.
(…)
Dans la mesure où le fait peut devenir visible à tous les yeux, voilà ce qui s’était passé en Cacanie, voilà en quoi la Cacanie, sans que le monde le sût encore, s’affirmait l’État le plus avancé ; c’était un État qui ne subsistait plus que par la force de l’habitude, on y jouissait d’une liberté purement négative, dans la conscience continuelle des raisons insuffisantes de sa propre existence et baigné par la grande vision de ce qui ne s’est point passé, ou point irrévocablement du moins, comme par l’haleine des Océans dont l’humanité est sortie.
Es ist passiert, disait-on là-bas, quand d’autres gens croyaient ailleurs que Dieu sait quoi avait lieu ; c’était un terme singulier, qui n’apparaît nulle part ailleurs, ni en allemand ni dans une autre langue, et dans le souffle duquel les faits et les coups du sort devenaient tout aussi légers que des pensées, ou du duvet. Oui, malgré tout ce qui parle en sens contraire, la Cacanie était peut-être, après tout, un pays pour génies ; et sans doute fut-ce aussi sa ruine."
(Robert Musil, L'homme sans qualités)
30/05/2005EscapeY a personne qui a l'impression d'être en 1931? Ou 1913? 28/05/2005Positive (et méchante) attitudeDes points positifs à la victoire du Non avec 60,3%.
- me permettre, dans les semaines et mois à venir, de me foutre de la gueule de ces crétins du Non du gauche [j'assume le mépris] quand on verra s'effondrer leur mensonge de la "renégociation sociale".
- mettre le nez dans leur merde à ces crétins du Non de gauche, lorsqu'il y aura des privatisations, des délocalisations, du textile chinois, et des prostituées slovaques, en leur demandant comment il se fait que leur victoire n'ait pas permis d'éradiquer ces maux.
- faire de l'épuration dans mon carnet d'adresses. HihihiCinquante bonnes raisons de dire NON à la constitution française.*
1) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
2) La constitution de la 5ème République n'interdit pas la peine de mort.
3) La constitution de la 5ème République ne mentionne pas explicitement
les droits sociaux.
4) La constitution de la 5ème République ignore l'existence des services
> publics.
5) La constitution de la 5ème République ne prévoit pas de salaire minimum.
6) La constitution de la 5ème République ne fixe pas une limite au temps
de travail hebdomadaire.
7) La constitution de la 5ème République n'interdit pas la traite des
êtres humains.
8) La constitution de la 5ème République ne dit rien sur le clonage
reproductif.
9) La constitution de la 5ème République ne reconnaît pas le droit à
avortement.
10) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
11) La constitution de la 5ème République ne fait pas référence à la
Révolution française.
12) La constitution de la 5ème République ne fait pas référence à quatorze siècles de monarchie.
13) La constitution de la 5ème République ne fait pas référence au passé
gallo-romain de la France.
14) Le mot « laïcité » ne figure pas dans la constitution française.
15) Le mot « solidarité » n'est pas cité pas dans la devise de la
République.
16) Le mot « bleu » figure une fois dans la constitution française.
C'est une constitution réactionnaire.
17) Le mot « rouge » figure une fois dans la constitution française.
C'est une constitution communiste.
18) Le mot « blanc » figure une fois dans la constitution française.
C'est une constitution non alignée.
19) Le mot « armées » est cité deux fois dans la constitution française.
C'est une constitution militariste.
20) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
21) La constitution de la 5ème République ne définit pas les frontières
du territoire français.
22) La constitution de la 5ème République autorise l'opting-out pour
l'Alsace-Moselle (régime concordataire).
23) La constitution de la 5ème République ne reconnaît pas l'exception
culturelle bretonne.
24) La constitution de la 5ème République permet aux Corses de ne pas
payer d'impôt sur les successions.
25) La constitution de la 5ème République encourage le dumping social
entre l'Auvergne et le Limousin.
26) La constitution de la 5ème République n'impose pas l'harmonisation
fiscale entre la Métropole et les départements et territoires d'Outre-mer.
27) La constitution de la 5ème République ne lutte pas contre les paradis
fiscaux aux marges du territoire national (Andorre, Monaco, îles
anglo-normandes).
28) La constitution de la 5ème République ne permet pas de lutter contre
les délocalisations.
29) La constitution de la 5ème République ne contre pas la déferlante du
textile chinois.
30) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
31) Le préambule de la constitution de la 4ème République affirme « le
devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi », mais pas celui
de recevoir un salaire. C'est un texte esclavagiste.
32) La constitution de la 5ème République inclut en filigrane la
directive Bolkestein.
33) La constitution de la 5ème République n'interdit pas la corrida.
34) La constitution française ignore les produits bio et le tri sélectif
des ordures ménagères.
35) Les valeurs alter mondialistes ne sont pas présentes dans la
constitution française.
36) Le Sénat n'est pas élu au suffrage universel (art. 24). C'est
antidémocratique.
37) Le Conseil constitutionnel peut censurer le Parlement (art. 62).
C'est antidémocratique.
38) La Cour des comptes ne peut être saisie par le citoyen (art. 47).
C'est antidémocratique.
39) Le Conseil économique et social (art. 69) n'a qu'un avis
consultatif. C'est antidémocratique.
40) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
41) La constitution de la 5ème République ne propose pas un grand projet
pour la France.
42) La constitution de la 5ème République ne fera pas avancer la France
sociale.
43) La constitution de la 5ème République a été rédigée par un groupe de
technocrates non élus.
44) La constitution de la 5ème République ne peut être révisée à
l?initiative populaire.
45) La constitution de la 5ème République n'a pas été validée par
l?Académie française.
46) La constitution de la 5ème République est un recul social par rapport
à celle de la 4ème République.
47) La constitution de la 4ème République est un recul démocratique par
rapport à celle de la 3ème République.
48) La constitution de la 3ème République est un recul romantique par
rapport à la celle de la 2ème République.
49) La constitution de la 2ème République est un recul moral par rapport
à la constitution de la 1ère République.
50) La constitution de la 5ème République est ultralibérale.
Il est donc urgent de dire *NON à cette CONSTITUTION* qui graverait le
gaullisme dans le marbre et qui rendrait impossible toute politique de
gauche pendant au moins 50 ans. 27/05/2005Le Oui, apanage des cons ou des traîtres?C’est entendu, tous les partisans du Oui sont des partisans assumés du grand capital (Sarkozy), ou des sociaux-traîtres collaborateurs ayant trahi la classe ouvrière (Hollande, et moi-même).
Christian Baudelot et Florence Weber sont tous deux sociologues. Bourdieusiens, situés à la gauche de la gauche, ils n’ont aucune sympathie pour la social-démocratie, pour les renoncements dont elle s’est rendue coupable à l’égard d’une classe ouvrière qu’ils connaissent bien.
Pourtant, ils votent oui. Je vous transmets ici leurs arguments.
1) Mieux vaut un traité constitutionnel que rien : ce traité nous fait sortir de la domination par l’économie, dans laquelle la construction européenne est depuis le rejet par la France, en 1954, de la Communauté européenne de défense. Avec ce traité, la construction européenne entre dans une phase politique.
2) En sociologues, ils savent bien que ce ne sont pas les Constitutions qui font l’histoire, mais les luttes qui se livrent dans leur cadre. La Constitution de la Troisième République était une constitution votée par des monarchistes, pour permettre le retour futur d’un roi : elle a permis la création de l’école républicaine, et le Front populaire. La Constitution de la Cinquième République a été préparée par un comité d’experts désigné par De Gaulle, sans légitimité démocratique ; la gauche lui a reproché d’être un « coup d’État permanent » taillé sur mesure pour De Gaulle ; elle n’a pas empêché 1981.
3) À 25 pays, le texte est nécessairement un compromis. Soit on estime que la France impose ses normes partout, et on sort alors de la pratique démocratique ; soit on élabore un compromis entre tous. Je cite Christian Baudelot : « Il est démocratiquement impossible, avec des pays aux histoires et aux cultures aussi différentes, d’arriver à des accords qui satisfassent complètement tout le monde ».
Or, une fois de plus, ce compromis est largement favorable aux progressistes.
4) La guerre n’est pas une chimère. Elle nous paraît aujourd’hui improbable en Europe, mais l’exemple yougoslave montre combien une société, un État peuvent en un temps extrêmement bref se déliter et entrer en conflit. Dans un monde aussi instable et dangereux que le nôtre, où les mécontentements et les injustices sont si profonds, où les extrêmes-droites et les nationalismes sont si forts, considérer que le risque de guerre est exclu serait faire preuve d’une légèreté coupable.
Or, une victoire du Non constituerait un signal très négatif. Elle constituerait un encouragement aux facteurs de conflit, et mettrait en panne une construction européenne qui a été élaborée pour prévenir le risque de guerre.
5) Les deux sociologues dénoncent le fond de xénophobie qui imprègne la campagne du Non, y compris à gauche.
Quand on est altermondialiste, explique Christian Baudelot, on souligne la domination Nord/Sud. On est conscient de notre responsabilité envers les pays du Sud. Mais, dès qu’on parle de Polonais, on voit des concurrents à arrêter. M. Baudelot s’inquiète « des relents extraordinairement xénophobes sur « les pauvres qui viennent nous manger la laine sur le dos » ».
6) M. Baudelot a conclu par une question, qu’il a répété de façon lancinante, sans obtenir de réponse de la salle : que faire de la victoire du Non ? Très concrètement, il se passe quoi, après la victoire du Non ? Qu’est-ce qui améliore la situation ?
Dans les arguments – massue assénés par le Non, il y a celui-ci : le but, plusieurs fois proclamé, du traité, c’est la « concurrence libre et non faussée ».
Je passe rapidement sur quelques réponses à ce sujet, du genre :
- la construction européenne est, à l’origine, économique. Reprocher au traité de parler de concurrence, c’est comme reprocher à une loi de finances de parler d’argent.
- il n’y a pas plus d’articles sur la concurrence dans le traité constitutionnel que dans le Traité sur la Communauté Européenne – qui s’appliquera en cas de Non. Donc, dire que le traité constitutionnel donne une plus grande valeur au principe de concurrence, c’est faux.
- Par ailleurs, cela fait plusieurs années, comme je l’ai dit ailleurs, que la construction européenne s’occupe d’autre chose que de concurrence, et ces aspects sont encore approfondis avec le traité constitutionnel.
J’en viens plus précisément à ce que ça implique, cette notion de concurrence.
Venons-en tout de suite à ce qui fâche : la mise en concurrence imposée de certains services publics (NB : ceux qui voyagent en compagnie « low cost » ou qui ont pris des abonnements téléphoniques réduits chez les concurrents de France Télécom seraient vraiment très mal fondés à critiquer cette mise en concurrence…).
Qu’est-ce que ça implique ?
- certainement pas la privatisation. À ce sujet, les traités sont clairs : « Le présent traité ne préjuge en rien le régime de la propriété dans les États membres » (article 295 TCE). C’est-à-dire que les nationalisations ne sont pas du tout interdites – les articles du traité n’ont pas empêché les nationalisations en 1981. Il ne faut donc pas être dupe des tromperies de certains gouvernements, qui se défaussent sur l’Europe de leurs décisions : quand le gouvernement ouvre le marché du gaz et de l’électricité à la concurrence, il applique une directive européenne (qu’il a approuvée ! ! ! ! !). Quand il « ouvre le capital » d’EDF et GDF, il prend une décision qui ne lui était pas du tout imposée.
- dans le secteur concerné, il y a plusieurs opérateurs. Et alors ? Ca n’empêche pas l’existence d’un service public. Il y a en France des médecins libéraux (beaucoup…), des cliniques privées, ça n’empêche pas d’avoir un service public de la santé (NB : je précise, la santé ne peut en aucun cas, de toute façon, des secteurs visés par les articles sur la concurrence des traités).
- en fait, la seule implication, c’est que, dans un secteur mis en concurrence, les opérateurs ne peuvent recevoir d’avantages par rapport à leurs concurrents (aides publiques, monopole, ou autres) que dans la mesure où cela est nécessaire à l’accomplissement de « leur mission de services d’intérêt économique général ».
Cette expression ne correspond exactement à celle de service public (propre au droit français). Cependant, elle recouvre les buts d’intérêt général que visent les services publics : en matière postale, le service d’intérêt économique général, cela consiste à assurer la satisfaction, à des tarifs uniformes, dans des conditions de qualité similaires, de tous les usagers, y compris ceux habitants dans les écarts (CJCE, 19 mai 1993, Corbeau).
De même, la Cour a admis que le réseau d’électricité (aux Pays-Bas) constituait un « service d’intérêt économique général » pouvant impliquer des dérogations aux règles de la concurrence, afin que l’entreprise chargée de ce service puisse l’accomplir, notamment en disposant d’approvisionnements garantis, compte tenu des exigences de continuité et d’universalité du service, et de fourniture à bas prix (CJCE, 27 avril 1994, Commune d’Almelo).
Dans ces deux cas, des obligations comparables à celles du service public (continuité, prix abordable, égalité des usagers) justifient qu’on déroge aux règles ordinaires de concurrence.
La dynamique actuelle de la jurisprudence est favorable au renforcement des services d’intérêt économique général : ainsi, un récent arrêt (CJCE, 24 juillet 2003, Altmark) permet aux personnes publiques de compenser les charges de service public d’une entreprise chargée d’une mission de service public.
La tendance actuelle est aussi au développement des obligations du « service universel » : le service universel est une obligation qui s’impose aux États, de garantir, pour les secteurs concernés, un service de base, disponible pour tout usager, selon une qualité « moyenne » prédéfinie, à un prix « abordable ».
La mise en concurrence n’implique donc ni la privatisation ni la casse des services publics.
Et puis, par ailleurs, le principe de concurrence libre et non faussée a eu au d’autres conséquences, qui ne devraient pas déplaire aux adversaires du patronat :
- la concurrence, cela implique l’interdiction de pratiques déloyales vis-à-vis de la concurrence. Notamment, racheter tous ses concurrents pour éliminer la concurrence, imposer à ses clients ou à ses fournisseurs des conditions déloyales en exploitant sa position dominante, c’est sanctionné par la politique européenne de la concurrence. Il y a peu, Microsoft a été condamné par la Commission européenne à de très lourdes amendes, notamment pour avoir imposé à ses clients des pratiques de « vente liée » (genre : vous achetez un produit chez Microsoft, et Microsoft profite de la faible concurrence pour vous obliger à acheter chez lui toute une série d’autres produits). Dans un autre secteur, celui des transports aériens, un règlement récent (février 2005) a renforcé les droits des passagers face aux compagnies, en imposant des dédommagements en cas de surbooking, d’annulation de vols, de retards excessifs, de perte de bagages… Donc, la politique de la concurrence, ça profite aussi au consommateur et aux petites entreprises, contre les gros.
- la concurrence libre et non faussée, dans l’attribution des commandes publiques (travaux, fournitures, services), ça implique l’absence de favoritisme. Je n’apprendrai à personne combien les marchés publics passés par les villes, les départements, les régions (ou les hôpitaux…) ont donné lieu à de la corruption, le marché étant attribué contre pots-de-vin, ou aux « amis politiques ». Ces dix dernières années, les exigences de transparence dans la passation des marchés publics (appel d’offres avec publicité, mise en concurrence, procédure pluraliste) se sont fortement renforcées dans le droit français pour lutter contre la corruption. Est-ce grâce à la bonne volonté soudaine de nos élus ? Non : le droit français en matière de transparence de la commande publique a été imposé par la Communauté européenne. Non pas au profit des grandes entreprises, qui trouvaient toujours à « s’arranger », mais au profit de la collectivité.
26/05/2005Irréconciliable
Et dire que, pendant un an, j'ai eu ma carte chez eux.
Je ne pourrai jamais me réconcilier avec un mouvement qui a pu afficher de telles saloperies. L'Europe de la justiceDepuis les années 1990, les politiques dites de « l’espace européen de liberté, de sécurité et de justice » visent, entre autres, à créer un « espace judiciaire européen », fonctionnant, à terme, selon le principe de « reconnaissance mutuelle » : les décisions de justice d’un État membre serait directement applicables dans un autre État. Ce principe se développe progressivement.
Quels progrès peut-on en attendre ?
- une justice plus facile pour les citoyens dans les affaires transfrontalières, qui se multiplient. Le problème classique, c’est par exemple un coupe franco-allemand, qui se sépare, disons, en France. La décision du juge français confiant la garde des enfants à la mère ne vaut pas en Allemagne ; le père peut donc partir avec ses enfants en Allemagne, pour échapper à la décision du juge français. Je ne vous raconte pas le parcours du combattant que devra alors mener la mère pour obtenir la garde de ses enfants, sans grande chance de succès. Avec la reconnaissance mutuelle, la décision du juge français est directement applicable par un juge allemand.
- une meilleure lutte contre la grande criminalité. A ce sujet, il suffit de citer le mandat d’arrêt européen (décision du 13 juin 2002), qui permet aux mandats d’arrêts émis par les juges pour certaines infractions très graves (criminalité organisée, par exemple) d’être applicables dans tous les États membres, sans passer par la procédure d’extradition, très longue, compliquée, et au résultat incertain (comme l’a montré l’affaire Pinochet). Le seul gouvernement qui ait fait de l’obstruction à ce projet est le gouvernement Berlusconi ; je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus pour voir l’intérêt d’un tel projet. Il en va de même pour la décision récente (février 2005) sur la confiscation des produits de la grande criminalité et le blanchiment d’argent (qui a laborieusement abouti, là encore malgré l’obstruction de Berlusconi).
- Une amélioration de la qualité des systèmes judiciaires, et notamment de la protection des droits du justiciable. En effet, la reconnaissance mutuelle suppose la confiance mutuelle : à partir du moment où on demande aux juges de reconnaître les décisions de leurs collègues étrangers, il est impératif que les systèmes judiciaires de tous les États membres offrent des garanties de qualité, d’indépendance, et de respect des droits de la défense. C’est dans cette perspective qu’est envisagée une décision sur les droits procéduraux dans l’Union, afin de garantir dans chaque pays le respect d’exigences minimales.
Le projet de traité constitutionnel renforce ces politiques :
- elles suivent des procédures harmonisées et simplifiées ;
- la possibilité de la création d’un Procureur européen est ouverte ;
- un dispositif d’évaluation des systèmes judiciaires est prévu (III-260), notamment pour assurer leur amélioration ;
- surtout, ces politiques sont désormais soumises à la Charte des Droits Fondamentaux. En effet, ces politiques audacieuses, par leur portée politique, mettent en jeu les droits individuels des citoyens. Ainsi, dans sa version initiale, le projet de décision sur la confiscation des produits de la criminalité que j’ai cité contenait des dispositions susceptibles de porter atteinte aux principes des droits de la défense (notamment, la présomption d’innocence). Il n’en aurait probablement pas été de même avec la Charte. Europe des marchands?La voie choisie en 1957 a été de commencer par une Europe économique (faut-il rappeler que les initiales CEE, cela veut dire Communauté *économique* européenne ?).
Schuman a très bien exprimé cette idée : : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une constitution d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant des solidarités de fait ».
On ne peut nier que cela ait marché : si, entre autres, une guerre entre Européens semble aujourd’hui impossible, si, même, une rupture d’un pays avec la construction européenne semble improbable, c’est parce que, depuis 1950, des relations (économiques, mais pas seulement) d’une telle densité se sont nouées qu’y renoncer aurait un « coût » insupportable.
En même temps, cela fait bien longtemps que l’Europe économique est bien plus qu’un grand marché.
Dès les années 1970, la CEE a adopté d’importantes directives progressistes, dans des domaines très politiques :
- en matière d’environnement, avec des normes imposées aux activités industrielles sur les rejets polluants, ou la fameuse directive de 1976 sur la protection des espèces migratrices – les nombreuses violations, condamnées, de cette directive par la France montre combien cela ne va pas de soi ; la réforme de la PAC favorise particulièrement l’agriculture biologique et les projets de développement rural. C’est encore la Communauté européenne qui a imposé la suppression progressive des pétroliers à simple coque (type Erika et Prestige) et imposé aux États d’améliorer leurs contrôles – la France risque d’ailleurs d’être condamnée en raison du niveau scandaleusement bas de ses contrôles dans les ports.
- en matière de lutte contre les discriminations et d’égalité professionnelle, notamment entre les femmes et les hommes. Là encore, dans ce domaine, la France a dû faire des efforts pour se mettre à niveau. À tous ceux qui accusent l’Europe de faire de la casse sociale, j’aimerais rappeler ce récent arrêt de la Cour de Justice des Communautés Européennes, obligeant la France à reconnaître à un père ayant assumé l’éducation de ses enfants les mêmes droits à pension qu’à une femme dans la même situation.
Vous en connaissez, beaucoup, des « constructions libérales » qui s’occupent de protection de l’environnement, de protection des espèces, de développement rural, de lutte contre la pollution maritime, d’égalité entre les hommes et les femmes, de lutte contre les discriminations ? 24/05/2005Auto-commentaire
Réformé et austère, Farkas est conscient du péché en lui. Aussi, il refuse d'offrir à son corps ces signes d'un orgueilleux amour de soi que constitueraient des vêtements colorés et attractifs. Aussi, il ne manque pas une occasion de placer son corps le plus bas possible, en signe d'humilité due par la créature.
Progressiste, Farkas lutte contre les dominations. Issu d'une fraction de la classe dominante et représentant du genre masculin qui s'assure la domination, il se met ici aux pieds d'Anna, ouvrière, slovaque, et femme.
Parce que des convictions, une foi, c'est un engagement de chaque instant. PerceptionsIl paraît que les personnes qui ont été amputées d'un membre continuent parfois à sentir des sensations, dans la direction de leur ancien membre.
Quand j'écoute "Again", d'Archive, ça me fait un peu le même effet, par rapport à la région où se trouvent les sentiments. 23/05/2005Kikooyoo! Bienvenue sur Gerbante-attitude!"Cela n'engage que votre mauvaise foi face à cette raclure de bidet pédophile de Dany".
C'est vrai.
Et puis en plus, il est Juif. Et Allemand.
On me cache des chosesLa Commission européenne a publié un Livre vert sur les PPP et le DC des MP et des concessions.
Et je n'en savais rien! Mauvaise foi, mauvaise foi... (II)Mardi dernier, Cohn-Bendit contre Mélenchon:
Mélenchon: Cette décision est prise à l'unanimité, c'est scandaleux, ça fige dans le marbre, on ne pourra rien faire...
Cohn-Bendit: Non, c'est à la majorité.
Mélenchon: Non, c'est à l'unanimité, ce qui montre que ce traité ne pourra pas être révisé, que ses politiques sont figées dans le marbre, et qu'on ne pourra plus rien faire.
Cohn-Bendit: Non, Jean-Luc, c'est à la majorité.
Mélenchon: Oui, bon, c'est à la majorité, et alors, la belle affaire? Pour ce que ça change... Les leçons d'une crise, IIAssumer le mépris: oui, je méprise. Rien à foutre, si on me dit que... "c'est maaaaaaaaaaaaaal". Surtout dans la bouche de plus méprisant.
Refuser la culpabilisation. C'est trop facile, surtout avec moi.
Devenir plus putassier. C'est une force.
Accepter de se faire insulter: on ne peut pas plaire à tout le monde.
Même, prendre plaisir à se faire insulter:
- plaisir adolescent: je me pose en m'opposant;
- plaisir exhibo: je me victimise;
- plaisir "Saint-Sébastien".
Envoyer chier la critique.
Ne pas montrer d'affection, putain. Être égoïste en plaisir.
Assumer le manichéisme et la mauvaise foi. En face, on ne se gêne pas.
Ne pas offrir à l'adversaire ces prises trop faciles que sont: mon manque de confiance en moi, ma mauvaise conscience, le désir de plaire et de concilier.
Exploiter la contradiction qui consiste à conchier le puritanisme, et à faire de la surenchère moralisante.
Assumer un ton outrancier, dramatisant, ou excessif. De toute façon, il y a toujours pire en face.
Foutre des vents.
Oser faire usage de sa force et de ses armes.
Un mix de dumping moral, et d'usage non-Jedi de la force. 17/05/200575 heures de parpaings"Comment as-tu osé venir en sous-pull noir?"
"Social-traître!"
"Tu vas jeter ta propagande sur ton blog, et tu ne vas jamais lire celui des autres. Pour moi, tu n'existes pas!"
"Oh, écoute, ça suffit. Arrête!"
"Crevard immonde. Putassier."
"Il ne t'a pas convaincu?
-Non, et il ne risque pas."
"Qu'est-ce qui te prend? Tu as vu la violence de ce que tu écris? Ton mépris? Et puis, vu le niveau de ton argumentation, tu es mal placé pour mépriser les autres."
J'ai beaucoup à faire. Du boulot. Et aussi me fabriquer une estime de soi. Et acquérir une personnalité - de conquérant.
En tout cas, mieux à faire que perdre mon temps ici. Bye. Malaise globaleEn cinq minutes, hier soir, je chantonne:
"Push me, and then just touch me, so I *can't* get my satisfaction".
Tendant un stylo à Will': "a *pain*".
Deux conclusions pas nouvelles: mon inconscient est frustré et douloureux.
Une conclusion nouvelle: il est anglophone, exclusivement. Oh, ça me reprendJ'ai dû vaguement desserrer les dents un instant. Putain, ça y est, je me suis pris.
J'ai les yeux humides.
La gorge nouée.
Et je me sens... je vacille - peut-être n'ai-je pas assez mangé. Deux mots se présentent à moi pour décrire ce contre quoi je lutte: "écroule", "crawl"...
Va, au lit, ça ira mieux demain.
Ca passera. Comme le reste. 13/05/2005Après les images, le texte
C'est vrai que parler de la guerre, c'est vraiment du cinéma. Pour nous, la dernière est vieille. Et puis elle n'a pas fait tant de morts que ça. Et puis Paris n'a pas été touché.
Enfin, allez dire ça à la Pologne et à ses 6 millions de morts de la dernière guerre. A Varsovie, avec le million de morts du soulèvement, et une ville intégralement et systématiquement rasée.
Aux Hongrois et aux Tchèques, envahis par les chars en 1956 et en 1968.
Bon, c'est vrai, tout cela, c'est vieux. Une guerre, aujourd'hui, c'est de la science-fiction.
Encore une fois, allez dire ça en Yougoslavie.
Et la Constitution, dans tout ça?
De 1991 à 1995, on a laissé massacrer, sans pouvoir faire mieux que déplorer, envoyer des bons offices et un Mitterrand. En Bosnie comme au Kosovo, rien n'a été possible tant que les USA ne se sont pas intéressés au conflit. Parce qu'il n'y avait pas de structure proprement européenne de défense.
Le projet apporte des avancées réelles à l'Europe de la défense, notamment en permettant des "coopérations structurées permanentes" entre Etats volontaires, pour la mise en oeuvre d'actions permettant "d'assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de la charte des Nations unies".
Kikooyoo! Bienvenue sur ThéorieduComplot-attitude!"Il faut constater à quel point tous les médias sont manipulés particulièrement sur les radios et télés publiques sauf France 5 et que ce n'est que propagande pour le OUI et je trouve ça anti-démocratique.
Une idée de ce qui pourrait nous attendre si le Oui l'emportait ..." Mauvaise foi, mauvaise foi...Je poste des affiches d'Attac que je n'ai pas inventées: je les ai vues, et elles sont tellement authentiques qu'Attac elle-même les affiche sur son site (allez-y).
Et là, on me dit: "vraiment, les gens du Oui sont d'une malhonnêteté, ils en sont rendus à prendre des faux-tracts du Non pour attaquer le Non".
1) Un tel niveau de malhonnêteté, et de mauvaise foi, c'est CON-FON-DANT. Je suis zabazourdi.
2) Ca montre, d'ailleurs, la qualité des arguments en question, puisque les partisans du Non sont si peu convaincus qu'ils croient que c'est des "faux".
En fait, depuis le début, tout est "faux". Fabius et Mélenchon sont des partisans du Oui qui accumulent les arguments les plus fallacieux pour discréditer le Non.
Putain, autant de manipulation, c'est dégueulasse. Les ancêtres des plombiersRéponse"Honte sur toi !
Tu est immondément putassier.
Tes arguments puent la peur et la démagogie.
T'es tellement un crevadr que je n'ai même pas envie de t'insulter."
1) C'est une prétérition, ça. Très belle.
2) Mon post sur la guerre était en grande partie une riposte/parodie (comme le titre l'annonce) aux armes utilisées par le Non. Donc je ne suis pas complètement dupe (et mes lecteurs non plus) de cet artifice.
3) Alors, je parle de guerre, et ça pue, c'est putassier, et démagogique. Mais quand Attac nous parle des Slovaques mises sur le trottoir "à cause de" la Constitution, Aurèle nous montre des bidonvilles et des bébés affamés, c'est du débat éthique, responsable, qui mérite du temps de parole? Ah.J'ai reçu le "manifeste des imbéciles pour le NON".
Je cite:
"On nous traite avec mépris d’imbéciles et de crétins parce que nous
votons NON !
Parce que nous refusons le diktat de ceux qui croient être les élites de
ce pays : « grands » chefs de partis, « grands »éditorialistes, «
grandes » chaînes de télévision, « grands » journaux, etc…
Mais nous, nous avons lu le texte de cette étrange constitution. Et nous
nous sommes interrogés. Qui l’a écrite ? Des Constituants élus ? Mais
non ! Des « stars », des « élites », autodésignées, cooptées.
Les « Stars » vivent dans leur monde : elles votent oui."
Dans les signataires:
un agrégé de lettres, essayiste; un inspecteur général de l’administration, de l’éducation et de la recherche; une ancienne directrice de l’ENA; un inspecteur général de l’administration; un philosophe; un praticien hospitalier;
l'ancien secrétaire général du Mouvement des Gaullistes populaires; un écrivain et historien; un contre amiral (2ème section); un ancien collaborateur de François Mitterrand; l'ancien président de l’université Joseph Fourier (Grenoble 1); un écrivain; un directeur de recherche honoraire CNRS; un directeur d’études à l’EHESS; un maire adjoint de Paris;
etc... Ils sont pas censés être une plate-forme de *réflexion*, ATTAC? (et merci à Matt pour m'avoir signalé les affiches)"Anna, jeune slovaque (06)
Chez moi, il y a 20% de chômage, alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L’Europe est une plaque tournante de la prostitution, pourtant la Constitution ne cherche pas à lutter contre. Alors, il faut voter non !"
Et le renforcement des politiques européennes de sécurité et de justice?
"Alain, routier (54)
Chaque semaine je roule 4000 km à travers l’Europe. Je rencontre des chauffeurs polonais sans protection sociale, qui ne gagnent même pas la moitié de mon salaire ! Si la Constitution passe, on ne s’en tirera pas : les entreprises de transport pourront s’installer où elles veulent. Alors je vote non !"
Rien à voir. Elles peuvent déjà s'installer où elles veulent.
"Lucie, professeur d’anglais (64)
J’ai étudié la question et je m’aperçois que la réforme Fillon ne fait qu’appliquer chez nous les politiques européennes. Je veux une école de la citoyenneté, pas celle du business que nous promet la Constitution. Alors je vote non !"
Gnî?
"Hélène, Planning familial (28)
Tous les jours, je reçois des femmes qui ont décidé d’avorter. Quand je pense qu’on a lutté pendant des années pour obtenir la contraception et l’avortement ! Le projet de Constitution, lui, n’a pas prévu ces droits pour les Européennes. Donc, je vote non !"
1) Bon, il y a un progrès, on a arrêté de dire que la Constitution *empêchait* la contraception et l'avortement, parce que c'est manifestement faux.
2) Le projet ne prévoit pas cela, parce que l'UE n'a pas compétence dans ce domaine.
3) Moi, un traité qui garantit ces droits, ça me plaîrait, mais on le signerait avec qui?
4) Et, c'est vrai que, voter Non, ce sera un triomphe pour l'avortement et la contraception.
Après tout, personne n'a le monopole de l'émotionC'est ringard, de vouloir éviter la guerre en Europe?
Souvenez-vous, il n'y a pas si longtemps.
Des villes détruites, des combats...
Des massacres...
250 000 morts pour la seule Bosnie.
Des charniers. Un hôpital vidé de ses blessés et de son personnel, à Vukovar, et massacré discrètement dans un champ de maïs.
Au Kosovo, des réfugiés, chassés de chez eux, dans le froid, devant tout quitter.
C'est vrai, essayer de faire en sorte que ça ne recommence pas, c'est anecdotique. "Symbolique".
Ou loin.
Et puis faites gaffe, ils pourraient rentrer un jour dans l'UE, et eux aussi cachent sûrement plein de plombiers. Connerie du jour"Une Constitution émane toujours du peuple".
Bon, on prend seulement les constitutions républicaines:
- Ière République: texte rédigé par une assemblée élue, jamais mis en oeuvre.
- IIème République: texte rédigé et voté par une assemblée élue.
- IIIème République: texte rédigé et voté par une assemblée élue, mais quatre ans après son élection, alors qu'elle n'avait plus vraiment de légitimité.
- IVème République: le seul modèle purement démocratique, avec un texte rédigé par une Constituante élue, et votée (à peine) par référendum.
- Vème République: approbation référendaire, mais rédaction par un Comité d'experts désigné par le gouvernement.
Ah oui, j'oubliais, approuvées par référendum: les Constitutions du Consulat, du Premier et du Second Empire. 12/05/2005Le fondUne affiche d'Attac pour le Non:
"Je m'appelle Anna, je suis Slovaque. Comme il y a 20% de chômage chez moi,
je suis venue en France pour trouver du travail, mais je suis tombée dans les pattes d'un maquereau, qui m'a mise sur le trottoir".
La suite du texte fait un lien avec le traité constitutionnel.
Eh, oh, ça va s'arrêter un moment, le n'importe quoi? Il n'y en a aucun qui a eu une vague nausée en utilisant l'histoire de cette fille aux fins de sa campagne? Qui a eu un minimum d'honnêteté, pour se dire que, vraiment, ça n'avait rien à voir, et qu'il fallait s'arrêter avant?
La mauvaise foi, c'est comme un mur mou"J'ai entendu, de toute façon, qu'il faudrait renégocier Nice en 2009.
- C'est faux.
- Mais je l'ai entendu...
- Mais c'est faux.
- Oh, non, écoute, ça suffit, c'est trop facile de dire que les gens du Non sont des cons et qu'ils disent toujours des trucs faux!
- ..."
"Tu te rends compte, la semaine de 48 heures, c'est scandaleux!
- Mais attends, ce n'est pas 48 heures tout le monde, c'est juste une norme minimale, après, rien n'oblige les pays qui veulent être aux 35 heures d'être aux 35 heures.
- Dans le contexte actuel, avec un gouvernement qui remet en cause les 35 heures, mettre une limite de 48 heures, tu ne vas pas me dire que c'est favorable aux travailleurs!
- Si! Tu imposes une borne de 48 heures, ça a un effet pour ceux qui sont au-dessus, mais ça n'impose rien aux autres;
- On ne me fera pas croire ça. Pour moi, la remise en cause des 35 heures, c'est lié à tout ça.
- Attends, tu protestes contre l'absence d'harmonisation, mais l'harmonisation, c'est ça, ce sont des normes minimales, et après, ceux qui veulent faire mieux font mieux!
- Pour moi, les 48 heures au niveau européen, ce n'est pas une avancée.
- Pour nous, en France, c'est neutre. Pour ceux qui n'ont aucune limite de temps de travail, c'est une avancée.
- Non, pour moi, ce n'est pas une avancée.
- Alors, pour toi, il faudrait quoi, pour que ce soit une avancée?
- Hein?
- Qu'est-ce que tu considérerais comme une avancée?
- Pourquoi tu me demandes ça? Je refuse de me faire enfermer dans ce choix, je considère que ce n'est pas une avancée, c'est tout.
- ..."
Ta gueule!Sur MSN hier soir:
Lui: Et alors, dans ta vie?
Moi: Pas grand-chose.
L: Du sexe?
M: Pas le temps.
L: Ca se prend, le temps.
M: Il faut aussi avoir envie.
L: En gros, t'es une bête de boulot et rien d'autre.
M: Hahaha. Cela dit, j'ai des amis, moi.
L: Moi aussi!
M: Ah, vu le temps que tu passes à me parler sur MSN, j'avais des doutes. Dans ce cas, tant mieux pour toi.
J'entends parfois: "cela fait longtemps que je n'ai pas marché dans la rue en tenant la main de mon copain".
Cela me donne des bouffées de rage. Parce que rien ne montre mieux combien le "besoin" de conjugalité résulte d'une imposition. On est assigné au bonheur, assigné à se caser, assigné à baiser. 11/05/2005Paganisme romainhttp://...
Yahweh God formed man from the soil of the ground.
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Yahweh God formed man from the soil of the ground.
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Yahweh God took the man, and put him in the garden of Eden to look after and maintain it.
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And as he slept, Yahweh God took one of his ribs, and closed up the flesh in its place. He made a woman, and brought her to the man.
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And the man and his wife were both naked and were not ashamed.
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The eyes of both them were opened, and they knew that they were naked.
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AdmirationC'est la troisième fois que je le vois.
L'admiration est probablement le sentiment qui m'est le plus étranger. Un fond de scepticisme populistoïde familial, l'exigence intransigeante d'un éthos puritain, la posture d'hypercriticisme contestataire de ma formation, tout cela me rend incapable d'admiration - et parfois, aussi, d'enthousiasme, voire de spontanéité.
Je ne partage pas le "culte des grands hommes" de la mémoire scolaire patriotique. Louis XIV? L'édit de Fontainebleau me reste en travers de la gorge; et puis, un monarque... Jules Ferry? Celui du Tonkin, de la Tunisie, des "races inférieures"?... Le modèle républicain: celui de la colonisation, de l'universel blanc-masculin-bourgeois et hétérosexuel?
De Gaulle: je déteste le putschiste dictatoroïde, son nationalisme ringard et étroit, et sa pompe démodée et boursouflée.
Mitterrand: l'escroc mégalomane suprême.
J'arrive à garder une certaine sympathie pour Blum, ou Mendès. Un "truc" pour l'Incorruptible.
Inutile de parler d'un quelconque leader politique actuel. Au mieux, une vague sympathie sans enthousiasme.
Mais, vous, Monsieur Badinter, de bout en bout, je vous trouve irréprochable. Entier, flamboyant, visionnaire. C'est parce que vous ne vous accrochez pas au pouvoir que vous n'êtes plus au premier plan, et c'est à votre honneur. Mais vraiment, Monsieur Badinter, je vous aime.
03/05/2005Impressions de Varsovie (V): le soleil se lève à l'EstAi vu "The Interprete", de Pollack, avec Nicole Kidman et Sean Penn.
Si je ne me trompe pas, ce film n'est pas encore sorti, ici, non? 02/05/2005Impressions de Varsovie (IV): "les Français ont oublié les chars"Rencontre avec notre prof de polonais.
Pour la première fois depuis que nous la connaissons, elle parle d'elle. De sa venue en France.
Elle était venue en octobre 1981, pour quelques mois. Ses amis polonais en France et en Suède l'avaient incité à passer une partie de l'hiver à l'Ouest, pour permettre à son jeune bébé de ne pas souffrir des restrictions de rationnement et de chauffage.
Elle devait repartir le 20 décembre pour la Pologne, quand le général Jaruzelski proclama l'état de siège. Elle resta donc en France.
Son mari et elle étaient alors dans la mouvance de Solidarnosc - dont elle désapprouve le virage "bigot" qui a suivi. Son mari, resté en Pologne, fut interné pendant un an avant d'être expulsé en France.
Ils durent rester en France jusqu'en 1989.
"Nous ne croyions pas que le système s'effondrerait. On pensait qu'on en avait pris pour un siècle de nuit noire".
Ses yeux s'embuent.
Une dictature, l'exil, pour des Européens, cela semble appartenir à un autre monde. Entendre ce récit dans la bouche d'une femme qui a l'âge de sa mère, c'est une claque. Impressions de Varsovie (III): la vie comme un pornoLe samedi, l'auberge a reçu un groupe de jeunes sportifs de 18-20 ans.
Alors que je me brossais les dents dans la salle d'eau, j'ai vu sortir, NUS, de la douche, deux athlètes. J'eus tout le loisir de les voir se rhabiller avec lenteur.
Ils logeaient dans un dortoir, fermé par une porte vitrée. Le rideau laissait voir, au petit matin, leurs corps endormis. Impressions de Varsovie (II): des pierres qui roulentLa vieille ville a été reconstruite à l'identique, avec l'acharnement orgueilleux de montrer sa renaissance.
Certains bâtiments ont été reconstruits également hors de la vieille ville, de façon disparate, entourées de réalisations bon marché dégradées.
La Plac Konstytucji, emblème de la reconstruction, forme un long rectangle entouré de grands blocs aux formes néoclassiques simplifiées.
La Plac Defilad, entourée d'autoroutes urbaines, a été gratifiée dans les années 50 du Palac Kultury i Nauki (palais de la Culture et de la Science), articulé autour d'une très haute tour, croisement de l'architecture stalinienne avec le néogothique façon Big Ben.
A l'ouest du palais de la Culture, au sud de l'ex-ghetto, se sont élevés des gratte-ciels. De nouveaux poussent, sillonnant le paysage de grues. Impressions de Varsovie (I): le monstre est en nousEprouvante visite du musée historique de la ville.
Un documentaire montre, notamment à partir d'images des actualités allemandes, la destruction méthodique de la ville en 1944-1945. Des barricades dressées par des étudiants, des ouvrières. Puis le spectacle lunaire que découvrent les Soviétiques quand ils rentrent dans la ville qu'ils ont laissée affronter seule les armées du Reich. Sur des kilomètres, presque plus rien ne tient debout.
Des photos de la vie dans le ghetto. La ration alimentaire des Juifs était de 180 calories par jour. Des vieillards et des enfants meurent sur le trottoir.
Des images, beaucoup plus rares, du soulèvement du ghetto; des combattants armés de moyens dérisoires, sans aucun espoir autre que de mourir les armes à la main.
Mon amie et moi nous sommes agrippés l'un à l'autre en sortant du musée.  |
| Ce blog soutient la candidature de Robert Badinter pour 2007.
 Système politique du Cahier, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite:
Parti Ouvrier Révolutionnaire - Forradalmi Munkas Part - Revolucni Delnicka Strana - Revolutionäre Arbeiterpartei: regroupe les courants marxistes et anarcho-syndicalistes. La ligne "classe contre classe" domine, mais n'empêche pas la conclusion d'accords de gouvernement avec la gauche dans certaines régions. Après de hauts niveaux au début de la République, le parti a longtemps stagné, avant d'opérer une constante remontée depuis le cahier VI.
Parti Socialiste - Szocialista Part - Socialistka Strana - Sozialistiche Partei: différentes sensibilités, du marxisme révisionniste à la social-démocratie, en incluant des éléments travaillistes et socialistes chrétiens. Après des débuts difficiles, s'est affirmé, à la faveur de la crise du PDE, comme le premier parti du pays, connaissant son apogée sous le long règne du Chancelier Neubourg, avant d'être concurrencé par les radicaux.
PR-RP-RS-RP: Parti Radical - Radikalis Part -Radikalni Strana -Radikale Partei: républicain, parlementaire, laïc; différentes nuances du transformisme social et du solidarisme. A été de toutes les coalitions qui ont dirigé la République. Depuis le cahier VI, s'est hissé à la tête du gouvernement.
Parti Démocratique de l'Entente - Egyesség Demokratikus Partja -Democraticka Strana Dohody - Demokratische Partei des Einverständnisses : laïc tempéré, partisan du statu quo socio-économique, à mi-chemin entre le gradualisme de la gauche et les revendications libérales. Après avoir dominé les débuts de la république, avant de décliner. Depuis qu'il ne dirige plus, le parti est constamment déchiré entre l'orientation à gauche, sous direction socialiste ou radicale, et l'orientation vers la coalition borugeoise.
Union Démocratique du Centre - Demokratikus Centrumunio -Demokraticka Svaz Stredu - Demokratische Zentrumunion: courant chrétien-démocrate, regroupant des éléments avancés ("modernisme", "évangélisme libéral", "christianisme ouvrier", "socialisme chrétien"), à l'origine de l'accord avec la gauche dans le Cahier VI, et des éléments très conservateurs ("action catholique").
Union Libérale -Liberalis Union - Liberalni Svaz - Freie Union: petit parti (en convalescence après avoir failli sombrer), incarnant un libéralisme de combat. A pour la première fois obtenu un portefeuille ministériel dans le gouvernement Horn.
Union Républicaine Conservatrice - Konszervativ Köztarsasagi Egyesület - Konzervativ Republikanské Sjedoceni - Konzervative Republikane Verein: représente la droite républicaine, conservatrice mais réservée à l'égard des propositions libérales les plus hardies. Parti dont l'audience a longtemps été faible, mais qui s'est imposé depuis la 5ème législature comme le premier parti de droite.
Parti d'Action Nationale - Nemzeti akcio partja (mais Nap, car ça veut dire "Jour") - Strana Narodni Cinnosti-Partei für die Nationale Tätigkeit: regroupe divers éléments d'une extrême-droite qui refuse le régime: nostalgiques de l'empire, populistes partisans d'un pouvoir fort, catholiques intransigeants, aristocrates élitistes, ultranationalistes, modernistes prônant un dépassement du socialisme et du capitalisme. Malgré l'attitude radicale de son mouvement de jeunesse Nouveau Jour, le parti accepte le jeu parlementaire, et a même participé à des coalitions régionales avec le centre-droit. Popularité très variable. Parce que, la Réforme, c'est aussi du rêve, et la conscience des profondeurs en nous:
http://...
http://... Une Gerboise, ça mord  |