16/04/2005Plombier polonais et NON "péroniste"À chaque campagne son homme au couteau entre les dents.
La campagne de 2002 avait eu le sien : le jeune Beur. Quand il ne s’apprêtait pas à rejoindre al-Qaïda en Afghanistan ou à se faire exploser dans un bus parisien, il brûlait des voitures tous les soirs en dealant pour rouler en BMW à Dammarie-les-Lys, avant d’aller tabasser des petits vieux. Il était « incivil », insultait les passants, taggait les murs. Et, bien entendu, forcément machiste comme tous les Méditerranéens, il tabassait des jeunes filles entre deux « tournantes ».
La campagne de 2005 a trouvé son croquemitaine : le plombier polonais. Il arrive, sur les ailes de la directive Bolkestein et de la Constitution, pour voler le travail des Français. Son cousin slovaque travaille dans une usine délocalisée ; lui, plus prédateur, vient prendre le pain des Français jusque chez eux. Il fera à coup sûr des semaines de 80 heures, payées au quart du SMIC. Comme, avant lui, les Italiens, les Espagnols, les Maghrébins et les Italiens, il porte la responsabilité de nos 10% de chômage et de notre million de RMIstes.
Sa pauvreté, son passé de 50 ans de dictature communiste, sa religion lui sont reprochés, comme à d’autres, au nom d’un discours colonialiste de « progrès » - qui vaut à la France, phare de l’humanité, d’être le maître étalon des droits de l’homme (et presque, aussi, de la femme), du modèle social, comme de toute chose. Gageons que cet attardé aussi bat sa femme. Sur l’échelle de l’arriération culturelle, son catholicisme, bien embarrassant, lui permet toutefois de se situer juste avant le Turc.
Qu’on voie dans le plombier polonais une raison de voter Non à la Constitution, cela dépasse l’entendement. Des plombiers polonais, il en existe déjà, bien avant la Constitution, ils ne l’ont pas attendue pour exister – et espérons pour eux – et aussi pour ceux qui en parlent si souvent – qu’il en existera après. D’ailleurs, comme le plombier polonais, il va peut-être voter Non, lui aussi.
Mais, quand on y pense, on se demande comment le plombier polonais peut à ce point faire peur. Qu’il continue à réparer les robinets de Varsovie pour un prix de misère, il n’y a pas de raison que l’on s’en soucie plus que par le passé – quoique, si une prestigieuse entreprise française, bien dotée en capitaux, pouvait s’implanter à Varsovie et l’embaucher, ça ferait un beau sujet d’orgueil national au 20 heures.
Quant à venir réparer les robinets parisiens (qui manquent de plombier) au prix de Varsovie, qu’il n’y compte pas trop. S’il travaille pour une petite entreprise polonaise, celle-ci pourra bien faire une prestation de services, mais, contrairement à ce que racontent les médias à longueur de journée au sujet de la directive Bolkestein, ce sera bien aux conditions des ouvriers français. Il pourrait imaginer venir à Paris, y créer sa propre entreprise, ou se faire embaucher par une entreprise française ; que les défenseurs des droits sociaux se rassurent, pas de danger : les traités d’adhésion des 10 pays adhérents ont créé, pour plusieurs années, des discriminations inédites dans l’histoire de la construction européenne, en privant les citoyens des nouveaux pays membres des libertés de circulation et d’établissement qui sont reconnues à tous les autres citoyens de l’Union.
Bref, il est assez inoffensif, le plombier polonais.
Voilà qui rassurera ceux qui, au nom de la défense des travailleurs, prônent en s’en cachant à peine, une forme de préférence nationale. La stigmatisation du plombier polonais, figure mythique de la destruction des droits sociaux, rappelle ces heures peu glorieuses d’un certain syndicalisme, qui a accusé les premières ouvrières de faire de la concurrence déloyale aux hommes, ou les Italiens de concurrencer les Français. Ce « socialisme national », attaché aux droits sociaux des siens – et, pour les autres, qu’ils se débrouillent et restent chez eux – n’a pas hésité à faire inscrire le principe de préférence nationale dans le statut des grandes entreprises publiques. Aujourd’hui, après avoir fait des citoyens des 10 nouveaux membres des citoyens de seconde zone de l’Union, il leur reproche d’exister et de se développer.
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| Ce blog soutient la candidature de Robert Badinter pour 2007.
 Système politique du Cahier, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite:
Parti Ouvrier Révolutionnaire - Forradalmi Munkas Part - Revolucni Delnicka Strana - Revolutionäre Arbeiterpartei: regroupe les courants marxistes et anarcho-syndicalistes. La ligne "classe contre classe" domine, mais n'empêche pas la conclusion d'accords de gouvernement avec la gauche dans certaines régions. Après de hauts niveaux au début de la République, le parti a longtemps stagné, avant d'opérer une constante remontée depuis le cahier VI.
Parti Socialiste - Szocialista Part - Socialistka Strana - Sozialistiche Partei: différentes sensibilités, du marxisme révisionniste à la social-démocratie, en incluant des éléments travaillistes et socialistes chrétiens. Après des débuts difficiles, s'est affirmé, à la faveur de la crise du PDE, comme le premier parti du pays, connaissant son apogée sous le long règne du Chancelier Neubourg, avant d'être concurrencé par les radicaux.
PR-RP-RS-RP: Parti Radical - Radikalis Part -Radikalni Strana -Radikale Partei: républicain, parlementaire, laïc; différentes nuances du transformisme social et du solidarisme. A été de toutes les coalitions qui ont dirigé la République. Depuis le cahier VI, s'est hissé à la tête du gouvernement.
Parti Démocratique de l'Entente - Egyesség Demokratikus Partja -Democraticka Strana Dohody - Demokratische Partei des Einverständnisses : laïc tempéré, partisan du statu quo socio-économique, à mi-chemin entre le gradualisme de la gauche et les revendications libérales. Après avoir dominé les débuts de la république, avant de décliner. Depuis qu'il ne dirige plus, le parti est constamment déchiré entre l'orientation à gauche, sous direction socialiste ou radicale, et l'orientation vers la coalition borugeoise.
Union Démocratique du Centre - Demokratikus Centrumunio -Demokraticka Svaz Stredu - Demokratische Zentrumunion: courant chrétien-démocrate, regroupant des éléments avancés ("modernisme", "évangélisme libéral", "christianisme ouvrier", "socialisme chrétien"), à l'origine de l'accord avec la gauche dans le Cahier VI, et des éléments très conservateurs ("action catholique").
Union Libérale -Liberalis Union - Liberalni Svaz - Freie Union: petit parti (en convalescence après avoir failli sombrer), incarnant un libéralisme de combat. A pour la première fois obtenu un portefeuille ministériel dans le gouvernement Horn.
Union Républicaine Conservatrice - Konszervativ Köztarsasagi Egyesület - Konzervativ Republikanské Sjedoceni - Konzervative Republikane Verein: représente la droite républicaine, conservatrice mais réservée à l'égard des propositions libérales les plus hardies. Parti dont l'audience a longtemps été faible, mais qui s'est imposé depuis la 5ème législature comme le premier parti de droite.
Parti d'Action Nationale - Nemzeti akcio partja (mais Nap, car ça veut dire "Jour") - Strana Narodni Cinnosti-Partei für die Nationale Tätigkeit: regroupe divers éléments d'une extrême-droite qui refuse le régime: nostalgiques de l'empire, populistes partisans d'un pouvoir fort, catholiques intransigeants, aristocrates élitistes, ultranationalistes, modernistes prônant un dépassement du socialisme et du capitalisme. Malgré l'attitude radicale de son mouvement de jeunesse Nouveau Jour, le parti accepte le jeu parlementaire, et a même participé à des coalitions régionales avec le centre-droit. Popularité très variable. Parce que, la Réforme, c'est aussi du rêve, et la conscience des profondeurs en nous:
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http://... Une Gerboise, ça mord  |
16/04/05 - 18:33
Bien écrit !
nezorizoro